alexandra-ouest-france2Dominique Hervouët « Au début de la Zenius expérience, dans quel état d’esprit étiez-vous ? »
Alexandra Leblanc : « Au début je me suis dit Allez, je vais considérer ça comme un défi ! Et puis je dois bien avouer que juste après la conférence, lorsque je me suis retrouvée avec mon vélo NGE tout en sachant que je devais retourner chez moi, là j’ai commencé à être inquiète ! Habituée que j’étais à me déplacer en voiture, je n’avais pas du tout réfléchi à la manière dont j’allais me déplacer. J’habite en haut de Savenay, alors forcément avec mon petit vélo, même très beau, cela ne le faisait pas du tout ! Du coup j’ai eu recours au co-voiturage…et je suis retombée de mon petit nuage»

DH «Quelles étaient vos motivations pour participer à ce programme ? »
Alexandra : « Par rapport à mes salariées. Bon nombre d’entre elles n’ont pas de voiture et plusieurs n’arrêtaient pas de se plaindre en disant que « évidemment pour ceux qui avaient un véhicule c’était facile, qu’ils n’avaient qu’à essayer de se déplacer sans voiture et qu’ils verraient bien ». Du coup, je me suis dit que cette expérience allait mettre un terme à tous ces reproches. Qu’elles allaient voir. L’autre raison qui m’a poussé à m’engager dans cette aventure c’est l’intervention de Jérôme Guienne, le directeur de Loc Eco, lors de sa présentation de l’opération à l’association Plein Centre. Au début je l’écoutais avec un petit sourire en me disant, cet homme est fou ! Comment peut-on se passer de voiture ? Et puis lorsqu’il nous a présenté le principe de l’expérience, les solutions alternatives, les témoignages des précédents participants, Il m’a vraiment ouvert l’esprit. En repensant à nos 4 voitures à la maison, soudain j’ai eu honte.»

DH « Quelles étaient vos appréhensions ? »
Alexandra : « L’organisation. J’interviens sur tout le département. La question était vraiment de savoir comment j’allais en cas d’urgence gérer la situation. Comment j’allais organiser mes différents rendez-vous chez mes bénéficiaires de l’aide à domicile et auprès de mes différentes agences. Comment gérer tout cela ? »

DH « Quelles solutions avez-vous trouvé ? »
Alexandra : « Au final je n’ai pas eu le temps de me poser la question de l’organisation, je l’ai subie dès la première semaine. On m’avait conseillé de regrouper tous mes rendez-vous : mauvaise idée ! Je me rappellerai encore longtemps de ma première semaine. Comme je voulais vraiment jouer le jeu et faire fonctionner tous les modes alternatifs, sans opter pour la solution de facilité de réserver une marguerite pour la journée, je me suis rendue la vie impossible. J’ai appris sur le tas à jongler avec les horaires, les correspondances, les réservations et…les retards. Désormais au lieu de grouper, je fais comme la confiture, j’étale ! Cela me génère moins de stress. J’ai revu totalement mon organisation de travail. »

DH « Aujourd’hui, quels modes alternatifs utilisez-vous le plus souvent ? »
Alexandra : « Le matin et le soir  je prends le TER depuis Savenay. Mon ami m’y emmène en voiture. Sinon je jongle entre tram, marguerite, la marche à pied et le week-end de temps à temps, Zenius de Loc Eco. Le vélo me fait peur, je n’ai pas confiance dans la circulation en ville. La Zenius expérience m’a vraiment fait découvrir le TER que je n’avais jamais utilisé auparavant. C’est vraiment reposant. Le trajet dure 30 à 45 minutes au lieu d’une heure et demie en voiture, avec le stress en prime. Le matin cela me donne le temps de finir de me réveiller. Le soir en revanche j’ai l’impression que ma journée de travail se prolonge, mais malgré tout je ne subis pas la circulation, ce qui est vraiment appréciable.»

DH « Que pouvez-vous me dire sur le service marguerite ? »
Alexandra : «C’est efficace et super réactif.  Je l’ai utilisé plus d’une dizaine de fois depuis le début de l’expérience. La réservation est simple et facile, très accessible, il n’y a pas besoin d’être un super doué de l’informatique. La formation que l’on reçoit à l’inscription permet de faire connaissance avec le service et l’utilisation de la voiture.

C’est un service très souple et si l’on a un problème il y a toujours quelqu’un pour vous répondre et vous apporter la solution. J’ai eu deux fois des petits soucis. La première fois je m’étais trompée de station. La seconde fois ma carte ne fonctionnait pas. Les filles au téléphone m’ont tout de suite aidée. Dès qu’on a un souci, un retard, on peut compter sur elles ; elles ne vous font pas attendre au bout du fil. Il n’y aucune limite à leur efficacité.

Je dirais que la seule limite, le seul bémol que je vois à ce service c’est le manque de stations. Tout est concentré en centre-ville, c’est vraiment dommage. Lorsque j’en parle autour de moi on me le dit bien. Il faudrait vraiment qu’il y en ait également en dehors de Nantes. Je suis sûre que cela intéresserait énormément de monde. L’autre difficulté est sans doute la capacité à gérer le temps de réservation, surtout dans un métier comme le mien où l’on est au service des gens. On peut difficilement les quitter en leur disant « Désolée ! je reviendrai un autre jour, j’ai une marguerite à rendre ! » Du coup il est préférable de prévoir plus large que pas assez. »

DH « Le service Zenius de Loc Eco ? »
Alexandra : « Super agréable, là aussi réactif. Jamais le moindre souci. Ils sont très souples et les voitures sentent toujours le neuf. En plus on peut avoir accès à des voitures vraiment géniales, pour ça Zenius c’est vraiment super ! »

DH « bicloo et le vélo NGE ? »
Alexandra : «J’ai utilisé le vélo NGE le premier jour, depuis il se repose à l’agence. Je songe à l’emmener avec moi dans le TER. Parfois mon ami commence très tôt le matin et ne peut pas m’emmener à la gare, cela pourrait me dépanner. Ce vélo est superbe, mais je le trouve très encombrant, son panier aussi d’ailleurs. C’est dommage qu’il ne soit pas pliant, on pourrait vraiment l’utiliser pour faire le lien avec un autre mode de déplacement alternatif. Je trouve que cela serait plus pratique, d’une part pour l’emmener dans les transports en commun ou dans le train, et ensuite je pourrais le plier pour le mettre dans le coffre d’une marguerite. »

DH « La Tan ? »
Alexandra : « J’utilise beaucoup le tram, notamment le matin et le soir et là malheureusement je tombe en plein dans les heures de pointe. Le matin le Tram est blindé, comme je n’aime pas faire la sardine, je préfère laisser passé un voire 2 tram, plutôt que de me retrouver le nez écrasé sur la vitre. C’est comme ça que je me suis aperçue que la ligne 1 de tram est très longue ! Du coup je fais comme beaucoup d’autres personnes le matin, je préfère marcher vers la station suivante. Après réflexion d’ailleurs je pense qu’à l’avenir je reculerai vers la station précédente en espérant qu’il y ait moins de monde. En dehors de cet inconvénient, il faut reconnaître que sur Nantes nous sommes plutôt bien desservis, ce qui n’est pas le cas sur le reste de l’agglomération».

DH « Cette expérience a-t-elle changé votre quotidien ? »
Alexandra : « J’ai dû totalement revoir mon organisation professionnelle. Mon travail consiste à me rendre chez les bénéficiaires, il a fallu que j’apprenne à jongler entre les heures de rendez-vous, le temps qu’il faut ensuite pour se rendre à l’arrêt de bus ou de tram le plus proche, la durée du trajet, plus éventuellement un peu de marche à pied, avant d’arriver au prochain rendez-vous. Les rendez-vous sont répartis un peu partout dans l’agglomération, je ne peux pas les concentrer par zone géographique ce qui simplifierait les choses. Bilan j’ai galéré les 2 premières semaines et les choses se sont améliorées à partir de la 3ème semaine. Avant j’étais le matin à l’agence de Nantes et l’après-midi de m’organisais 2 à 3 rendez-vous ; désormais je me réserve une journée entière par semaine à l’agence de Nantes et sur le reste de la semaine je me cale un rendez-vous le matin et un autre l’après-midi. J’ai l’impression de passer moins de temps en agence. On verra à l’issue des 8 semaines si cette organisation est finalement plus efficace.

Dans ma vie personnelle, la Zenius Expérience ne bouleverse pas énormément les choses. Je pensais que cela serait plus difficile et en fait non. Il faut juste que je me lève plus tôt le matin, et mon ami est obligé de me conduire à la gare, mais il le fait sans déplaisir. Je ne subis plus le stress des déplacements en voiture maison/travail, avec le problème de circulation aux heures de pointes. Je me suis remise au MP3 que j’écoute dans le TER, et j’arrive plus tôt chez moi le soir.»

DH « Quels autres effets positifs vous apporte cette Zenius Expérience ?»
Alexandra : «J’ai découvert que l’on avait beaucoup de solutions alternatives sur Nantes, ce que j’ignorais. Des modes bien organisés, efficaces, moins stressants et moins polluants. Toutefois je reconnais que si je n’avais pas marguerite je ne pourrais pas me rendre partout, je comprends mieux pourquoi mes salariées ronchonnent parfois. J’ai commencé également à faire mon petit calcul, afin de repenser la gestion du parc automobile de Domidom Services. Par exemple je songe à faire basculer ma voiture de fonction en voiture de service afin de permettre à mes salariées de l’utiliser lorsque je n’en aurais pas l’utilité. La Zenius expérience a vraiment dynamisé le quotidien de l’entreprise. Les filles consultent régulièrement la pochette Zenius  à la recherche d’informations sur les modes alternatifs ; elles me posent des tas de questions, par exemple : le bicloo comment çà marche,  les outils à leur disposition. Je leur ai fait découvrir Destinéo. C’est un outil vraiment génial pour savoir quels trajets choisir et combien de temps celui-ci va durer. Avant on pouvait compter 30 minutes là où il fallait prévoir une heure, du coup les filles n’étaient pas contentes. Aujourd’hui on utilise Destinéo pour faire leur planning de rendez-vous d’une manière plus cohérente.

DH « Quelles sont les contraintes que vous avez du apprendre à mieux gérer ?»
Alexandra : « Les contraintes de temps, de rendez-vous, et comment ne pas rendre marguerite en retard par exemple. Les premiers temps, j’étais obligée de téléphoner pour annoncer mon retard inévitable.  Mais désormais je préfère réserver marguerite sur une plage plus large. Cela me permet de mieux gérer mes rendez-vous. Je ne suis plus stressée, et depuis que je fais ça je la rends presque toujours en avance. »

DH « Comment vos proches réagissent-ils à votre expérience ? »
Alexandra : «Mes salariées se moquent gentiment. La plupart me suivent ; lorsque l’article de Presse Océan est paru, certaines m’ont envoyé un texto ; d’autres vont régulièrement sur le blog.

Du côté de mes proches, on me soutient, mais les réactions sont mitigées. Mon fiancé et certaines de mes amies me traitent de folle. Pour eux, se passer de voiture lorsqu’on vit à Savenay et que l’on travaille à Nantes et sur tout le département, c’est martien. Dans tous les cas, eux n’ont pas du tout envie de suivre mon exemple. D’autres amies en revanche seraient tentées de se passer de voiture si le TER passait non loin de chez elles. »

Propos recueillis par Dominique Hervouët - kameleonrouge@hotmail.com

Lire aussi le témoignage d’Alexandra au début de l’expérience “Mon conjoint et moi avons 4 voitures à nous 2!”

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