spIls sont chefs d’entreprise, salariés et n’ont plus de points. C’est la solution pour continuer à se déplacer, à travailler. Cette nouvelle clientèle intéresse les sociétés de location.

« Ah, vous aussi, vous voulez me chambrer ! », rigole ce chef d’entreprise charentais. Après « neuf petits excès de vitesse », il a dû laisser son 4 X 4 pour une voiture sans permis. « Six mois que je subis les assauts de mes copains. Ils se moquent… »

Cet homme, comme 93 000 autres automobilistes en France, en 2009, s’est vu retirer son permis. Une augmentation de 5 % par rapport à 2007. Et de 36 % comparé à 2006. Les loueurs de voitures s’engouffrent dans ce nouveau marché. À l’image d’Europcar Atlantique, qui va acheter une quarantaine de voitures pour ses soixante agences.

Aujourd’hui, affirme Tony Lesaffre, le patron de ce réseau, « la demande n’est pas très importante, mais féroce ». Comprenez : les voitures s’arrachent. Ce lundi, il l’assure, pas une n’est libre. Chez le loueur nanto-vendéen Loc Eco, les quatre sont louées. « Dix jours d’attente, répond Jérôme Guienne, le directeur. On a commandé six autres voitures pour faire face à la demande. » Chez Ada-Nantes, là aussi, « le marché décolle gentiment, mais sûrement ». Dans les magasins U, les 220 voiturettes trouvent également preneurs.

« Une clientèle de cadres »

« Avant de se lancer dans ce type de location, on a un fait un test pendant deux ans et demi, raconte Tony Lesaffre. On voulait savoir quel genre de clients on allait avoir. » La crainte ? Que les loueurs soient des piliers de comptoir (1). Au final ? « Des gens respectables, pas dangereux. Qui étaient tout simplement arrivés au bout de leurs points par usure. Une clientèle de cadres qui habitent en périphérie des villes. »

« Je ne fais guère plus de 300 km par mois. Mais ça dépanne bien, dit ce Vendéen qui va récupérer son permis dans quelques semaines. C’est mieux que le scooter, tu circules au chaud. » « Au départ, raconte le patron charentais, quand j’étais au volant de cette voiture, j’avais l’impression d’être un citoyen de seconde zone. J’avais peur qu’on me regarde comme un alcoolique. Et puis finalement non. » Il ajoute : « Aujourd’hui, si j’habitais dans une grande agglo comme Nantes ou Rennes, j’opterais pour ce genre de bagnole. Ça monte à 55 km/h sur le plat et, en plus, c’est économique. »

Source : Jean-François MARTIN pour Ouest-France

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